<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.imagomundi.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>imago mundi</title>
	<link>https://www.imagomundi.fr/</link>
	<description>Bienvenue sur imago mundi.
Cette plateforme est d&#233;di&#233;e &#224; nos usages de l'espace et &#224; ses repr&#233;sentations&#160;: cartographies, arts visuels, reportages, donn&#233;es, analyses... </description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.imagomundi.fr/spip.php?id_auteur=12&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>imago&#160;mundi</title>
		<url>https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L144xH96/logonepthysv2hd-255b9.jpg?1771513375</url>
		<link>https://www.imagomundi.fr/</link>
		<height>96</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Agricultrices dans la solitude des champs d'oignons</title>
		<link>https://www.imagomundi.fr/article8.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.imagomundi.fr/article8.html</guid>
		<dc:date>2023-05-18T14:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Stienne</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les in&#233;galit&#233;s entre sexes seraient apparues &#224; l'av&#232;nement de l'agriculture et de la s&#233;dentarisation permanente des communaut&#233;s, quand s'op&#233;ra une distinction tr&#232;s nette entre le r&#244;le des femmes et celui des hommes dans tous les domaines de la vie sociale. Les hommes &#224; la cr&#233;ation et &#224; la production, les femmes &#224; la reproduction et au foyer . Les femmes ont pourtant activement particip&#233; &#224; la domestication des plantes qu'elles &#233;tudiaient, testaient, cueillaient, s&#233;chaient pour des usages&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.imagomundi.fr/rubrique1.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L150xH61/arton356-7ae6a.jpg?1771553766' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='61' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les in&#233;galit&#233;s entre sexes seraient apparues &#224; l'av&#232;nement de l'agriculture et de la s&#233;dentarisation permanente des communaut&#233;s, quand s'op&#233;ra une distinction tr&#232;s nette entre le r&#244;le des femmes et celui des hommes dans tous les domaines de la vie sociale. Les hommes &#224; la cr&#233;ation et &#224; la production, les femmes &#224; la reproduction et au foyer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171;&#160;Sex equality can explain the unique social structure of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les femmes ont pourtant activement particip&#233; &#224; la domestication des plantes qu'elles &#233;tudiaient, testaient, cueillaient, s&#233;chaient pour des usages aussi divers que l'alimentation, la m&#233;decine, la teinture, le textile ou la vannerie en des temps o&#249; il conviendrait de parler de jardinage plut&#244;t que d'agriculture. L'invention de la &lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/economie/2016/03/10/comprendre-discrimination-envers-femmes-faut-remonter-charrue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;charrue&lt;/a&gt; a par la suite enracin&#233;, et pour longtemps, les discriminations envers les femmes. Enfin, la privatisation de la terre et les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;volutions vertes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ont concentr&#233; les moyens mat&#233;riels et financiers essentiellement entre les mains des hommes. Au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le statut des femmes exer&#231;ant une activit&#233; agricole a peu &#233;volu&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; travers les &#233;poques et les aires g&#233;ographiques leurs contributions restent peu reconnues.&lt;/p&gt;
&lt;h4 style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;par Agn&#232;s Stienne, artiste cartographe&lt;/i&gt;&lt;/h4&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- :-) --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
L'objectif de cette &#233;tude n'est pas de d&#233;crire le r&#244;le des agricultrices dans toute sa complexit&#233;. Il serait vain et illusoire, dans un simple billet, d'en d&#233;tailler toute la diversit&#233;, tant les disparit&#233;s sont grandes entre, d'une part, les branches agricoles, les modes de production, et, d'autre part, les aires g&#233;ographiques, continentales, nationales ou r&#233;gionales. Non. Le propos est d'en d&#233;gager les constantes, les obstacles qui pavent le parcours des femmes. Des obstacles qui freinent leur carri&#232;re, qui les emp&#234;chent de vivre d&#233;cemment, qui les emp&#234;chent de faire vivre d&#233;cemment leur famille. Ces obstacles, plus marqu&#233;s dans les pays en voie de d&#233;veloppement qu'ailleurs, ont pour origine une seule et m&#234;me cause&#160;: le sexisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les in&#233;galit&#233;s genr&#233;es dans le domaine de l'agriculture sont bien connues mais peu mesur&#233;es. Le manque de statistiques pr&#233;cises sur ces questions n'est sans doute pas qu'un hasard. Le public est davantage renseign&#233; sur la quantit&#233; de ma&#239;s export&#233; et sur sa valeur que sur le petit personnel qui a fourni des efforts pour le produire. Par exemple, dans les recensements nationaux, les surfaces cultiv&#233;es ou les quantit&#233;s de b&#233;tail ne sont pas ventil&#233;es par sexe. Dans la cat&#233;gorie des emplois ventil&#233;s par sexe, les donn&#233;es les plus fragmentaires sont celles de l'agriculture de subsistance o&#249; dominent les femmes. Les enqu&#234;teurs sont incit&#233;s &#224; prendre en compte les activit&#233;s non structur&#233;es, mais tant que persiste l'id&#233;e selon laquelle produire de la nourriture pour sa famille est une extension des obligations domestiques, les femmes concern&#233;es ne se consid&#232;rent pas toutes comme productrices agricoles, et probablement une partie des enqu&#234;teurs non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;ge minimum retenu par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FAO&lt;/span&gt;) ou la Banque mondiale pour recenser les populations actives est de 15 ans. Les populations actives comprennent les personnes en &#226;ge de travailler et les personnes en recherche d'emploi. Sont exclu&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;e&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;s les retrait&#233;&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;e&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;s et les personnes au foyer. La population f&#233;minine active dans l'agriculture est compos&#233;e des exploitantes ind&#233;pendantes, des travailleuses non r&#233;mun&#233;r&#233;es dans les exploitations familiales, des travailleuses r&#233;tribu&#233;es ou non dans les autres exploitations ou entreprises agricoles. Mais il faut consid&#233;rer ces donn&#233;es avec prudence. Les statistiques n&#233;cessaires pour cartographier les discriminations du travail salari&#233; rural n'&#233;tant pas disponibles, nous utiliserons celles du projet &lt;a href=&#034;http://www.fao.org/economic/riga/riga-database/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Riga&lt;/a&gt; (sur les activit&#233;s rurales g&#233;n&#233;ratrices de revenus) men&#233; par la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FAO&lt;/span&gt;, et portant sur une s&#233;lection restreinte de pays en voie de d&#233;veloppement. La liste des graphiques montrant les in&#233;galit&#233;s est sans fin, nous n'en retiendrons qu'une partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve parfois dans les publications, des graphiques montrant, par sexe, la part des activit&#233;s agricoles en pourcentage du trio agriculture/industrie/services. Ce calcul est probl&#233;matique car il ne tient pas compte d'activit&#233;s importantes comme le commerce-h&#244;tellerie-restauration, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BTP&lt;/span&gt; ou le travail domestique. Or, pour ne citer qu'un exemple, la cat&#233;gorie &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;commerce-h&#244;tellerie-restauration&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; repr&#233;sente entre 20&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% et 40&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des emplois f&#233;minins en Am&#233;rique latine. Ces graphiques offrent donc une image fauss&#233;e de la r&#233;partition des emplois. Lorsque le trio agriculture/industrie/services a toutefois &#233;t&#233; utilis&#233;, c'est que ces trois cat&#233;gories sont calcul&#233;es en pourcentage des activit&#233;s &#233;conomiques totales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf mention contraire, les informations utilis&#233;es dans cette contribution proviennent des enqu&#234;tes conduites par la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FAO&lt;/span&gt; pour son rapport publi&#233; en 2011, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le r&#244;le des femmes dans l'agriculture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gardiennes du foyer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Traditionnellement, dans les m&#233;nages ruraux, la production de nourriture pour la famille est une extension des travaux domestiques non r&#233;mun&#233;r&#233;s assign&#233;s aux femmes au m&#234;me titre que le m&#233;nage, la cuisine, la lessive, etc. Qu'elles soient agricultrices ind&#233;pendantes, main d'&#339;uvre non r&#233;mun&#233;r&#233;e dans une exploitation familiale ou salari&#233;es agricoles dans une entreprise, les femmes doivent assumer la responsabilit&#233; de la bonne tenue du foyer et des personnes qui y vivent. Dans les pays en voie de d&#233;veloppement, cela se traduit par des journ&#233;es de travail qui comptent double. Aux t&#226;ches domestiques communes &#224; tous les pays du monde, s'ajoutent les corv&#233;es d'eau et de bois de feu. Ces corv&#233;es quotidiennes peuvent prendre entre une et quatre heures selon les r&#233;gions, les d&#233;placements se faisant g&#233;n&#233;ralement &#224; pieds. On apprend dans une note de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FAO&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Women, agriculture and food security&lt;/i&gt; que les Africaines portent en moyenne sur une ann&#233;e 80 tonnes d'approvisionnement en eau, bois et productions agricoles sur une distance d'un kilom&#232;tre contre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;seulement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; 10 pour les hommes. Il y a aussi le grain destin&#233; &#224; la consommation du m&#233;nage &#224; piler ou &#224; porter au moulin communautaire. Une enqu&#234;te montre qu'en Tanzanie, le manque de moulins et d'infrastructures pour l'approvisionnement en eau et en bois accapare 8 milliards d'heures de travail non r&#233;mun&#233;r&#233; par an, l'&#233;quivalent de 4,6 millions d'emploi &#224; plein temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;lever les enfants, prendre soin des personnes &#226;g&#233;es, des malades et des personnes handicap&#233;es. Donner un coup de main au conjoint, s'occuper de son b&#233;tail. &#201;plucher, d&#233;cortiquer ou s&#233;cher les aliments destin&#233;s &#224; la vente. Enfin, cultiver sa propre parcelle dont les productions profitent &#224; toute la famille. En Afrique et en Asie, les femmes des campagnes travaillent en moyenne 13 heures de plus par semaine que les hommes (14 en Tanzanie, 17,4 au B&#233;nin). En &#201;rythr&#233;e, pendant le pic saisonnier, elles travaillent 15 heures par jour, et quelle que soit la saison, 30 heures de plus par semaine que les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discriminations institutionnelles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;43&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de la main d'&#339;uvre agricole est f&#233;minine. Dans des conditions m&#233;t&#233;o normales, le bien-&#234;tre des communaut&#233;s rurales repose en grande partie sur les ressources alimentaires apport&#233;es par les femmes. Si par chance les paysannes vendent une part de leur production, l'argent per&#231;u profite directement aux enfants qui peuvent avoir acc&#232;s &#224; de meilleurs services de sant&#233; et d'&#233;ducation. Le b&#233;n&#233;fice de leurs efforts serait bien sup&#233;rieur si elles ne rencontraient pas tant d'obstacles sur leur chemin. Car, outre le poids des travaux domestiques et des soins aux personnes qui limitent leur temps disponible &#224; leur activit&#233;, r&#233;mun&#233;r&#233;e ou non, elles doivent faire face &#224; tout un ensemble de discriminations pour l'acc&#232;s aux moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/32169364785_294462f0b1_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH340/32169364785_294462f0b1_o-f8875.jpg?1771553766' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-105 '&gt;Femmes actives travaillant dans l'agriculture.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-105 '&gt;Agn&#232;s Stienne, 2016
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/32021185242_cb8aa0878e_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH340/32021185242_cb8aa0878e_o-ad8c6.jpg?1771553766' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-106 '&gt;Taux de femmes dans la population active agricole.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-106 '&gt;Agn&#232;s Stienne, 2016.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#232;s &#224; la terre est un pr&#233;alable primordial &#224; la production de cultures vivri&#232;res ou commerciales. Les normes sociales patriarcales interdisent ou restreignent pourtant ce droit fondamental pour les femmes. &#192; peine 14&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% d'entre elles g&#232;rent des terres agricoles (propri&#233;t&#233;, location, droit d'usage ou m&#233;tayage). Parmi les propri&#233;taires, toutes ne sont pas agricultrices, comme le montre la carte ci-dessous&#160;: en Europe de l'Est et en Am&#233;rique latine quelques pays comptent davantage de d&#233;tentrices de terres que d'agricultrices. Les hommes poss&#232;dent des actifs fonciers bien plus &#233;tendus. &#192; cet &#233;gard, les in&#233;galit&#233;s les plus importantes ont &#233;t&#233; constat&#233;es au Pakistan, au Bangladesh et en &#201;quateur o&#249; la moyenne des parcelles d&#233;tenues par les hommes est au moins deux fois sup&#233;rieure &#224; celles des femmes. Enfin, les terres r&#233;serv&#233;es aux femmes sont de moindre qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/32021185142_305219f62b_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH340/32021185142_305219f62b_o-8bc53.jpg?1771553766' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-107 '&gt;Femmes d&#233;tentrices de terres agricoles.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-107 '&gt;Agn&#232;s Stienne, 2016.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;110&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/31328073364_0cd595b406_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH340/31328073364_0cd595b406_o-28547.jpg?1771553766' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-108 '&gt;Femmes d&#233;tentrices de terres agricoles en pourcentage de la population f&#233;minine active.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-108 '&gt;Agn&#232;s Stienne, 2016.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour les paysannes qui r&#234;vent de consolider ou d&#233;velopper leur activit&#233; (et sortir de la mis&#232;re ou de la pauvret&#233;), acqu&#233;rir des terres n&#233;cessite un apport financier qu'elles n'ont pas. La solution est d'emprunter mais l'acc&#232;s au cr&#233;dit reste souvent inenvisageable car nombre d'entre elles ne disposent ni de compte en banque, ni m&#234;me de papier d'identit&#233;. Des organismes de cr&#233;dit, publics et priv&#233;s, refusent de pr&#234;ter aux femmes en raison des barri&#232;res juridiques et de normes sociales sexistes. Quand elles parviennent &#224; emprunter, le montant des pr&#234;ts est inf&#233;rieur &#224; ceux qu'obtiennent les hommes, et parfois, comme au Vietnam, le taux d'int&#233;r&#234;t est plus &#233;lev&#233;. Des enqu&#234;tes soulignent qu'au Bangladesh, des programmes ont &#233;t&#233; mis en place pour faciliter l'acc&#232;s des femmes au cr&#233;dit mais que, dans 50&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des cas, le pr&#234;t consenti... est r&#233;investi dans les activit&#233;s agricoles des hommes. Seulement 37&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de ces pr&#234;ts sont r&#233;ellement contr&#244;l&#233;s par les femmes. L'&#233;conomiste indienne Supriya Garipakipati pense, pour sa part, que le &lt;a href=&#034;http://www.unrisd.org/80256B3C005BE6B5/(httpNews)/F011C4AFED691A6EC1257A5500466C9E&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;microcr&#233;dit en Inde&lt;/a&gt;, tourn&#233; vers les femmes pauvres, n'a pas permis leur &#233;mancipation professionnelle parce qu'il ne s'accompagne pas d'une formation minimum. La plupart des pr&#234;ts servent &#224; couvrir les d&#233;penses du m&#233;nage et non &#224; construire l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque de ressources financi&#232;res ne restreint pas uniquement l'acc&#232;s aux terres. Les assurances, la protection sociale, les intrants commerciaux, comme les semences am&#233;lior&#233;es, les engrais, les syst&#232;mes de luttes contre les ravageurs, l'outillage ou les moyens de transport sont hors de port&#233;e des femmes. Lorsque les &#233;quipements et le mat&#233;riel pour le labour sont mis en gestion collective, les discriminations persistent. Par exemple, les terres tenues par les femmes sont labour&#233;es au motoculteur apr&#232;s celles des hommes, et seulement quand ceux-ci sont lib&#233;r&#233;s de leurs propres occupations. Cela occasionne un retard des semailles qui peut &#234;tre fatal &#224; la qualit&#233; de la r&#233;colte. Les agricultrices ne disposent que d'un outillage rudimentaire. Pas m&#234;me de semoir. Par ailleurs, poss&#233;der une bicyclette ou une mule est un moyen de tirer de meilleurs profits de sa r&#233;colte en allant sur les march&#233;s les plus offrants. L&#224; encore, les hommes sont mieux &#233;quip&#233;s que les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force de travail se concentrant sur les exploitations g&#233;r&#233;es par les hommes, les femmes manquent de main d&#8216;&#339;uvre. Si n&#233;cessaire, les agriculteurs font appel &#224; des ouvriers salari&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; faute de ressources financi&#232;res, les femmes se font aider par les enfants. Pour le dire autrement, les exploitations dirig&#233;es par les femmes ont moins de main d'&#339;uvre disponible mais plus de personnes &#224; charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le niveau d'&#233;ducation peu &#233;lev&#233; des femmes repr&#233;sente un handicap suppl&#233;mentaire, qu'il s'agisse de lire les notices des intrants commerciaux, comprendre les techniques agronomiques et surtout recevoir une formation ad&#233;quate ou acqu&#233;rir de nouvelles comp&#233;tences. Les programmes de vulgarisation mis en place par les pouvoirs publics n'arrivent pas jusqu'aux femmes. Majoritairement masculins, les formateurs d&#233;l&#233;gu&#233;s par les autorit&#233;s sont d'autant plus enclins &#224; ne prodiguer des enseignements qu'aux hommes qu'ils ne consid&#232;rent pas toujours les femmes comme des exploitantes agricoles. La lente f&#233;minisation de l'enseignement agricole tend &#224; pallier ce d&#233;s&#233;quilibre mais la r&#233;ussite de cette mesure est partielle. La surcharge des travaux domestiques ne permet pas aux femmes de lib&#233;rer le temps n&#233;cessaire &#224; la formation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/32021185502_6588cabfd3_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH280/32021185502_6588cabfd3_o-82242.jpg?1771553766' width='500' height='280' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-109 '&gt;&#201;cart de niveau d'&#233;ducation entre dirigeant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;e&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;s agricoles.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-109 '&gt;Agn&#232;s Stienne, 2016.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, paix des m&#233;nages&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; Hoskins, sur l'&#238;le de Nouvelle-Bretagne en Papouasie Nouvelle-Guin&#233;e, la r&#233;colte des fruits du palmier &#224; huile se fait en famille. Les hommes grimpent aux arbres et coupent les r&#233;gimes de fruits qui tombent au sol, les femmes ramassent les fruits et les transportent au bord de la route o&#249; ils sont ensuite r&#233;cup&#233;r&#233;s par l'usine de transformation. Ce sont les hommes, en tant que chefs de famille, qui per&#231;oivent les gains de la r&#233;colte. Une injustice qui s&#232;me la zizanie au sein des m&#233;nages. Un beau jour les femmes cessent de ramasser les fruits pour cultiver des l&#233;gumes qu'elles vendent sur les march&#233;s. Au pied des palmiers &#224; huile, les fruits restent par terre. Gina Koczberski, raconte ensuite dans sa note &lt;a href=&#034;https://www.researchgate.net/publication/4913975_Loose_Fruit_Mamas_Creating_Incentives_for_Smallholder_Women_in_Oil_Palm_Production_in_Papua_New_Guinea&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Loose Fruit Mamas&#160;: Creating Incentives for Smallholder Women in Oil Palm Production in Papua New Guinea&lt;/a&gt; que les exploitants de l'usine, ne comprenant pas l'origine du probl&#232;me, tentent diff&#233;rentes initiatives pour faciliter le travail des femmes, sans succ&#232;s. Les fruits restent au sol. Le programme Mama Lus Fruit Scheme voit le jour en 1997 pour garantir la r&#233;mun&#233;ration des femmes pour leur travail. Des filets individuels pour la r&#233;colte leur sont distribu&#233;s ainsi qu'une carte personnelle de paiement sur laquelle est vers&#233; leur salaire. Apr&#232;s la reprise du travail des femmes, les disputes dans les m&#233;nages diminuent et la quantit&#233; de fruits r&#233;colt&#233;s augmente sensiblement. L'association continue de mettre en place diff&#233;rents programmes de formation des femmes dans le domaine agricole. Cette anecdote illustre le fonctionnement de la main d'&#339;uvre familiale dans les plantations. H&#233;las, toutes les histoires ne terminent pas si bien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/31328074864_1cc3fbbf4b_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH675/31328074864_1cc3fbbf4b_o-c2b09.jpg?1771553767' width='500' height='675' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-110 '&gt;Dans la solitude d'un champs d'oignons.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-110 '&gt;Agn&#232;s Stienne, 2016.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;levage, la p&#234;che et la sylviculture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les femmes d&#233;tiennent peu de terres, l'&#233;levage est une occasion d'am&#233;liorer son ordinaire. Le secteur pr&#233;sente l&#224; aussi un caract&#232;re nettement genr&#233;&#160;: aux hommes les grosses b&#234;tes (bovins, chevaux, chameaux), aux femmes les petites (volailles, cochons, ch&#232;vres et moutons). Les femmes prodiguent n&#233;anmoins des soins aux animaux du conjoint lorsqu'ils sont &#224; la ferme. Au fur et &#224; mesure que les &#233;levages grossissent, les exploitantes disparaissent pour les raisons &#233;voqu&#233;es pr&#233;c&#233;demment, le manque de moyens. En revanche, elles sont pr&#233;dominantes dans les &#233;levages industriels, affect&#233;es &#224; des emplois peu qualifi&#233;s et mal r&#233;mun&#233;r&#233;s. Sans surprise, sur les 400 millions d'&#233;leveur&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;euse&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;s pauvres, deux tiers sont des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#234;che artisanale comme dans la p&#234;che industrielle, le r&#244;le des femmes se limite &#224; la transformation et la commercialisation des poissons et crustac&#233;s. En 2001, elles occupaient 33&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des emplois ruraux, 42&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en Indon&#233;sie, 80&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% au Vietnam. En 2008, en Chine et en Inde, les femmes repr&#233;sentaient respectivement 21&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% et 24&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des p&#234;cheur&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;euse&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;s et pisciculteur&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;trice&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sylviculture, les femmes occupent des emplois subalternes dans les scieries, les p&#233;pini&#232;res et les camps forestiers (&#233;tape de pr&#233;abattage). Des postes de cadres f&#233;minins commencent &#224; voir le jour en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;71&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/32021185802_06d8488117_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH475/32021185802_06d8488117_o-4cd3a.jpg?1771553767' width='500' height='475' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-111 '&gt;R&#233;partition de l'emploi par sexe et par secteur.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-111 '&gt;Agn&#232;s Stienne, 2016.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;F&#233;minisation de l'agriculture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La notion de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;f&#233;minisation de l'agriculture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; appara&#238;t dans les ann&#233;es 1990 pour d&#233;crire la participation accrue des femmes dans les activit&#233;s agricoles. S'il est av&#233;r&#233; que les femmes assument davantage de responsabilit&#233;s &#224; la t&#234;te des m&#233;nages ruraux, il faut cependant nuancer et convenir que leur r&#244;le est sans doute un peu mieux pris en compte &#224; travers les enqu&#234;tes sociologiques et les recensements nationaux m&#234;me si ceux-ci restent tr&#232;s lacunaires notamment sur la contribution des femmes dans l'agriculture de subsistance ou l'agriculture commerciale locale. Pour cette seconde cat&#233;gorie, les hommes ont conserv&#233; leurs pr&#233;rogatives. L'invisibilit&#233; des femmes est telle qu'on est incapable de mesurer &#224; quel degr&#233; elles y prennent part, si elles ont gagn&#233; en r&#233;mun&#233;ration et en pouvoir de d&#233;cision. La cat&#233;gorie d'emplois o&#249; elles ont quelque peu perc&#233; sur le march&#233; du travail est celle de la main d'&#339;uvre salari&#233;e dans les entreprises agro-industrielles. Cela &#233;tant, rien ne permet d'affirmer que ces emplois ne se substituent pas &#224; la main d'&#339;uvre des exploitations familiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays industrialis&#233; comme la France, le statut de collaboratrice du conjoint n'est pas valorisant et trop peu protecteur. La &lt;a href=&#034;http://www.maisondesagriculteurs37.fr/index.php?page=services-statut-fiches-conjoint&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collaboratrice&lt;/a&gt; n'a aucun droit de regard sur la gestion de l'exploitation et sa r&#233;mun&#233;ration n'est pas pr&#233;vue. Il ne garantit aux agricultrices qu'un semblant de retraite &#224; condition que l'exploitant ait bien pay&#233; les cotisations correspondantes. Lorsqu'elles travaillent dans la m&#234;me exploitation que leur compagnon, elles peuvent pr&#233;f&#233;rer &#234;tre salari&#233;es, co-exploitantes ou associ&#233;es, statuts qui leur conf&#232;rent une meilleure couverture sociale et, dans le second cas, le pouvoir de d&#233;cision est partag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, de plus en plus de femmes, en partie issues d'un milieu non agricole, se d&#233;clarent comme exploitantes ind&#233;pendantes. Elles repr&#233;sentent 27&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des dirigeant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es d'exploitation en 2010 contre 12% en 1988. La sociologue &lt;a href=&#034;http://www.pleinchamp.com/grandes-cultures/actualites/la-dynamique-de-feminisation-de-l-agriculture-va-se-poursuivre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sabrina Dehache&lt;/a&gt; pr&#233;cise dans un entretien donn&#233; en 2013 qu'en cas de besoin de main d'&#339;uvre, les femmes doivent recourir au salariat tandis que les hommes jouissent d'une entraide non monnay&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/31794476210_11a29901c8_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH558/31794476210_11a29901c8_o-40fd7.jpg?1771553767' width='500' height='558' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-112 '&gt;Femmes dans la population active agricole et f&#233;minisation.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-112 '&gt;Agn&#232;s Stienne, 2016.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Amorc&#233;e dans plusieurs r&#233;gions du monde dans les ann&#233;es 1980, la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;f&#233;minisation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du secteur agricole est une cons&#233;quence de sa modernisation. Traditionnellement dans les m&#233;nages ruraux des pays en voie de d&#233;veloppement, la r&#233;partition des travaux agricoles s'organise de la fa&#231;on suivante&#160;: les femmes se consacrent aux besoins alimentaires de la famille, les hommes aux productions commerciales. L'industrialisation subventionn&#233;e de l'agriculture et la mondialisation ont entrain&#233; une concurrence d&#233;loyale qui a port&#233; un coup fatal aux petites exploitations commerciales qui ne sont pas soutenues par les pouvoirs publics. Les politiques tourn&#233;es vers l'agro-industrie et l'appropriation de terres &#224; grande &#233;chelle ont court-circuit&#233; le d&#233;veloppement et la viabilit&#233; des petites exploitations et entra&#238;n&#233; un exode massif des petits producteurs vers les villes ou les pays &#233;trangers dans l'espoir d'y trouver un travail dans l'agriculture ou plus probablement d'autres secteurs d'activit&#233;. Les femmes se sont retrouv&#233;es de facto &#224; la t&#234;te du m&#233;nage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son analyse &lt;a href=&#034;https://openknowledge.worldbank.org/handle/10986/9104&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Feminization of Agriculture&#160;: Trends and Driving Forces&lt;/a&gt; portant sur ces questions en Am&#233;rique latine et en Afrique subsaharienne, Susana Lastarria-Cornhiel souligne que les ajustements structurels impos&#233;s par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FMI&lt;/span&gt; et la Banque mondiale dans les ann&#233;es 1980 ont contraint les pouvoirs publics &#224; lib&#233;raliser l'acc&#232;s au foncier et &#224; prendre des mesures en faveur du d&#233;veloppement de cultures non traditionnelles pour l'exportation. &#192; l'&#233;poque, les plantations (caf&#233;, cacao, canne &#224; sucre) qui employaient une main d'&#339;uvre masculine permanente et une main d'&#339;uvre mixte lors des pics saisonniers n'&#233;taient plus aussi juteuses, les prix sur les march&#233;s internationaux, sous la pression des interm&#233;diaires, ayant beaucoup diminu&#233;. Les cultures de l&#233;gumes, de fruits, les &#233;pices et l'horticulture sont d&#232;s lors les produits de haute valeur ajout&#233;e susceptibles de rapporter des devises aux pays. Ces entreprises emploient une importante main d'&#339;uvre f&#233;minine non qualifi&#233;e, en partie migrante, dans les champs et sur les chaines de conditionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Chili, par exemple, la main d'&#339;uvre, dans les plantations, &#233;tait compos&#233;e pour deux tiers d'emplois permanents et pour un tiers d'emplois temporaires. Les proportions se sont invers&#233;es dans les ann&#233;es 1980. La part des emplois temporaires dans l'industrie fruiti&#232;re d'exportation s'&#233;l&#232;ve alors &#224; 60&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; entre 1986 et 1994, l'emploi agricole f&#233;minin augmente de 20&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% quand celui de l'emploi masculin d&#233;cline d'autant. Mais ces derniers n'ont pas tout perdu, ils occupent les emplois permanents &#8212; contrairement aux femmes &#224; qui sont r&#233;serv&#233;s des emplois pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour pallier au manque de donn&#233;es statistiques sur cette probl&#233;matique qu'une &#233;quipe de chercheur&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es a men&#233; des enqu&#234;tes &#8212; &lt;a href=&#034;https://openknowledge.worldbank.org/handle/10986/9103?show=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Feminization of Agriculture in China&#160;: Debunking the Myth and Measuring the Consequence of Women Participation in Agriculture&lt;/a&gt;, Zhang, Linxiu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Rozelle, Scott&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Liu, Chengfang&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Olivia, Susan&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de Brauw, Alan&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Li, Qiang. 2006 &#8212; aupr&#232;s des m&#233;nages ruraux dans six r&#233;gions repr&#233;sentatives de Chine, dont l'&#233;conomie a &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233;e dans les ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les r&#233;sultats de ces enqu&#234;tes, l'emploi rural non agricole passe de 27&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en 1981 &#224; 63&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en 2000 pour les hommes, et de 4&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; 31&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% pour les femmes. Par tranche d'&#226;ge, les chiffres montrent que l'emploi rural non agricole des hommes entre 16 et 50 ans reste &#233;quilibr&#233; alors que celui des femmes r&#233;v&#232;le une forte augmentation de l'emploi au fur et &#224; mesure que l'&#226;ge diminue&#160;: ils sont de 19&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% pour les 41-50 ans et grimpent progressivement &#224; 76&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% pour les 16-20 ans. Les auteur&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;e&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;s pr&#233;cisent que les salari&#233;es de plus de trente ans continuaient de travailler de fa&#231;on ponctuelle dans les fermes mais que les plus jeunes ont rompu avec le monde agricole. La main d'&#339;uvre f&#233;minine agricole, quant &#224; elle, est pass&#233;e de 55&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en 1995 &#224; 51&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en 2000 et le nombre d'heures de travail annuel a baiss&#233;. D'apr&#232;s les conclusions de l'&#233;quipe, l'exode massif des hommes vers les villes n'a pas chang&#233; le statut des femmes rest&#233;es dans les m&#233;nages ruraux. Elles sont entre 13&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% et 15&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; g&#233;rer l'exploitation familiale (le mari n'intervenant qu'au second plan), 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; diriger seule l'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres pays d'Asie, Inde, Bangladesh et Indon&#233;sie, les &lt;a href=&#034;http://www.fao.org/focus/f/women/green-f.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;volutions vertes&lt;/a&gt; et leur composante technologique ont non seulement p&#233;nalis&#233; les femmes qui n'avaient pas acc&#232;s &#224; ces moyens de productions trop co&#251;teux mais aussi supprim&#233; le travail salari&#233; d'une multitude de femmes, notamment dans les rizi&#232;res et la fabrication de vanneries r&#233;alis&#233;es &#224; partir de la paille de riz. Le surplus de main d&#8216;&#339;uvre sur le march&#233; du travail a tir&#233; les salaires vers le bas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Agriculture sous contrat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture sous contrat est un partenariat &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gagnant-gagnant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; cens&#233; maintenir les petites exploitations familiales dans le tissu rural en dynamisant des &#233;changes avec des entreprises d'exportation. Cela concerne, en g&#233;n&#233;ral, des cultures de haute valeur ajout&#233;e (fruits et l&#233;gumes frais, horticulture) pour laquelle une certaine main d'&#339;uvre est n&#233;cessaire. Selon ce principe, l'entreprise partenaire fournit au paysan les intrants n&#233;cessaires &#224; la production de son choix et s'engage &#224; acheter l'int&#233;gralit&#233; de la r&#233;colte apr&#232;s d&#233;duction du co&#251;t des intrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me aurait pu permettre aux femmes de tirer leur &#233;pingle du jeu, mais dans les faits rien n'a chang&#233;. Si ces alternatives garantissent de meilleurs revenus aux m&#233;nages, elles profitent surtout aux hommes. En Afrique du Sud, en Inde et en Chine o&#249; ce processus a &#233;t&#233; observ&#233;, ce sont les hommes qui signent les contrats et empochent les b&#233;n&#233;fices alors que ce sont les femmes qui fournissent le gros du travail dans les champs. Dans sa note, Susana Lastarria-Cornhiel indique qu'au Guatemala et au Kenya, dans le cadre de ces contrats, les femmes fournissent les trois quarts du travail mais ne per&#231;oivent que le tiers des revenus. Mais ce n'est pas le pire. Dans les espaces ruraux, la coutume veut que l'&#233;poux c&#232;de un lopin de terre &#224; son &#233;pouse pour la production de l'alimentation familiale et garde pour son usage personnel une parcelle de terre plus grande et souvent de meilleure qualit&#233;. Au Kenya, il arrive fr&#233;quemment que le mari rogne s&#233;v&#232;rement sur la parcelle de sa compagne pour la mettre sous contrat. Finalement, les cultures sous contrat se substituent aux cultures vivri&#232;res et aiguisent les probl&#232;mes de malnutrition chronique dans ce pays grand exportateur de l&#233;gumes et de fleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au S&#233;n&#233;gal, d'apr&#232;s les t&#233;moignages recueillis par la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FAO&lt;/span&gt;, la culture de haricots verts sous contrat semble b&#233;n&#233;ficier &#224; l'ensemble de la population car elle n'empi&#232;te pas sur les cultures vivri&#232;res locales. Cependant, il est reproch&#233; &#224; ces contrats &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gagnant-gagnant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; un d&#233;s&#233;quilibre dans la prise de risque. En effet, en cas de mauvaise r&#233;colte, le paysan doit rembourser le co&#251;t des intrants &#224; son partenaire, bien qu'il n'ait rien vendu. L'entreprise, elle, ne perd rien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Travail salari&#233; et pr&#233;carit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture est une des activit&#233;s les plus mal r&#233;mun&#233;r&#233;es et les moins bien prot&#233;g&#233;es. Les discriminations &#224; l'&#233;gard des femmes s'y situent au moins &#224; quatre niveaux, la premi&#232;re difficult&#233; &#233;tant l'acc&#232;s &#224; l'emploi lui-m&#234;me sur lequel les normes sociales sexistes se reproduisent. Dans toutes les r&#233;gions du monde, la main d'&#339;uvre salari&#233;e masculine agricole pr&#233;domine. Elle se compose des ouvriers, qui travaillent dans de petites et moyennes exploitations de productions locales, dans les plantations (ou cultures permanentes) ou les entreprises agro-industrielles de cultures non traditionnelles pour l'exportation. C'est dans ces derni&#232;res que l'on rencontre principalement le salariat f&#233;minin aux postes les moins qualifi&#233;s (et donc les moins bien r&#233;tribu&#233;s), dans les champs et sur les cha&#238;nes de conditionnement. Au fur et &#224; mesure que l'on remonte les strates de la hi&#233;rarchie, les femmes disparaissent. Les discriminations portent &#233;galement sur les types d'emplois et les salaires. Les femmes occupent davantage d'emplois pr&#233;caires&#160;: les emplois saisonniers, les emplois &#224; temps partiel et, &#224; travail &#233;gal, per&#231;oivent des salaires plus bas. Toutes, d'ailleurs, comme le mentionne Susana Lastarria-Cornhiel, ne re&#231;oivent pas de salaire en esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes mais en nature. Le manque d'&#233;ducation, de formation professionnelle et d'investissement dans l'entreprise sont un obstacle &#224; la r&#233;alisation d'une carri&#232;re et au pouvoir de n&#233;gociation avec l'employeur. Celui-ci en tire de nets avantages, comme les faibles r&#233;mun&#233;rations de ses salari&#233;es et les mauvaises conditions de travail, notamment, les pulv&#233;risations de produits chimiques sur les cultures sans aucune protection. Le travail partiel et saisonnier pr&#233;sente l'avantage, pour l'employeur, d'&#234;tre beaucoup moins cadr&#233;, ce qui signifie que les salari&#233;es ne b&#233;n&#233;ficient pas de protection sociale ad&#233;quate et des dispositions pr&#233;vues par les conventions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/31328075614_ab8eb9f772_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH805/31328075614_ab8eb9f772_o-e0f51.jpg?1771553767' width='500' height='805' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-113 '&gt;Emploi rural par cat&#233;gorie et par sexe.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-113 '&gt;Agn&#232;s Stienne, 2016.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;tes sugg&#232;rent que les femmes s'accommodent bien des temps partiels et saisonniers en raison de la surcharge des travaux domestiques. De ce point de vue le travail salari&#233; en dehors du m&#233;nage n'a pas redistribu&#233; les r&#244;les au sein du foyer&#160;: les femmes ont toujours la charge des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res et des soins des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_114 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;91&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/32021185762_cb9c07e7a2_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH1253/32021185762_cb9c07e7a2_o-b3012.jpg?1771553767' width='500' height='1253' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-114 '&gt;In&#233;galit&#233;s dans l'emploi salari&#233; rural&#160;: le Panam&#225; &#224; contre courant.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-114 '&gt;Agn&#232;s Stienne, 2016.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ouvri&#232;res agricoles migrantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'agro-industrie d'exportation s'appuie en partie sur une main d'&#339;uvre saisonni&#232;re migrante. Il peut s'agir de migrations internes des campagnes vers les centres de production comme au Kenya ou au Guatemala, de migrations inter-r&#233;gionales voire intercontinentales. Dans ce sens, l'Union europ&#233;enne d&#233;ploie une artillerie lourde pour contenir l'entr&#233;e d'&#233;tranger&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es sur son territoire alors que par ailleurs elle accueille avec bienveillance tout une cohorte d'ouvrier&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;e&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;s agricoles du continent africain venue en Espagne et en Italie cultiver les tomates. Les syst&#232;mes industriels intensifs de productions hors-sol et prolong&#233;es dans la saison co&#251;tent tr&#232;s cher en installations, en technologie et en intrants chimiques si bien que les salaires y sont en permanence tir&#233;s vers le bas et le travail sous-pay&#233;. La main d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re non qualifi&#233;e est une population particuli&#232;rement vuln&#233;rable et l'une des plus mal trait&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa th&#232;se &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-etudes-rurales-2008-2-page-185.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Importer des femmes pour exporter des fraises&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Emmanuelle Hellio analyse le syst&#232;me de contractualisation de travailleuses marocaines par la fraisiculture espagnole de la r&#233;gion de Huelva. Encadr&#233; par les pouvoirs publics, le processus de &lt;i&gt;contrataci&#243;n en origen&lt;/i&gt; permet &#224; l'employeur d'engager une main d'&#339;uvre saisonni&#232;re dans des pays tiers. On apprend dans cet expos&#233; que les patrons recrutent dans les villages marocains des femmes ayant une forte implication au sein de la sph&#232;re domestique, &#224; savoir de jeunes enfants. Un proc&#233;d&#233; qui rappelle et perp&#233;tue l'arch&#233;type tenace selon lequel le travail f&#233;minin constitue une extension des travaux domestiques. Le but avou&#233; de la man&#339;uvre est de s'assurer qu'une fois la saison de r&#233;colte termin&#233;e, les femmes retourneront fissa dans leur pays d'origine pour rejoindre leur famille. Dans le cadre de ces contrats, les travailleuses marocaines sont pr&#233;f&#233;r&#233;es aux travailleuses roumaines, citoyennes de l'espace Schengen, par &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;crainte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de voir celles-ci s'installer &#224; long terme sur le sol espagnol. 35 000 ouvri&#232;res &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;import&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ont particip&#233; &#224; la r&#233;colte de fraises en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les saisonni&#232;res sont &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;h&#233;berg&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sur les exploitations situ&#233;es &#224; plusieurs kilom&#232;tres du village dans des modules pr&#233;fabriqu&#233;s pr&#233;vus initialement pour entreposer du mat&#233;riel sur les chantiers de construction. La main d'&#339;uvre est disponible &#224; l'envi. Les logements sont confin&#233;s dans des espaces cl&#244;tur&#233;s et rigoureusement contr&#244;l&#233;s. Sur les exploitations, les abus sexuels exerc&#233;s par les patrons et les contrema&#238;tres sur les saisonni&#232;res y ont lieu depuis des ann&#233;es mais c'est seulement en 2010 que les premi&#232;res plaintes ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es. Plusieurs employeurs ont &#233;t&#233; mis en examen mais le plus souvent les coupables nient ou rejettent la faute sur les victimes et de leur c&#244;t&#233; les autorit&#233;s ferment les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re partie de son texte, Emmanuelle Hellio revient sur la fa&#231;on dont ce mod&#232;le agro-industriel s'est d&#233;velopp&#233; en Californie avant de s'implanter dans le sud de l'Espagne et ailleurs. Aux &#201;tats-Unis, notamment en Californie, au Texas, en Arizona ou en Floride, le sort r&#233;serv&#233; aux travailleuses &#233;trang&#232;res, souvent mexicaines ou ha&#239;tiennes, dans les entreprises agricoles n'est gu&#232;re plus enviable. En 2012, Human Right Watch a publi&#233; un &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/report/2012/05/15/cultivating-fear/vulnerability-immigrant-farmworkers-us-sexual-violence-and-sexual&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport&lt;/a&gt; pr&#233;sent&#233; au Congr&#232;s am&#233;ricain intitul&#233; &lt;i&gt;Cultivating fear&#160;: The vulnerability of immigrant farmworkers in the &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; to sexual violence and sexual harassement&lt;/i&gt;. Tout est dit. L'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONG&lt;/span&gt; d&#233;nonce les m&#233;thodes des employeurs et des contrema&#238;tres qui usent de leur position de pouvoir pour abuser de personnes vuln&#233;rables. Car ces femmes, qui ont parfois moins de 18 ans, vivent dans un total d&#233;nuement, souvent sans papiers, sans permis de travail, sans la ma&#238;trise de la langue, sans &#233;ducation, sans rep&#232;res, sans protection. Leurs mis&#233;rables conditions d'existence les contraignent &#224; supporter mille et une violences et humiliations pourvu qu'au bout il y ait un peu d'argent. Dans les entretiens recueillis par l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONG&lt;/span&gt;, 80&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des femmes interrog&#233;es &#233;taient victimes de harc&#232;lements sexuels ou de viols. Dans certains cas les actes sont qualifi&#233;s de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;relations consensuelles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8212; c'est-&#224;-dire que les femmes acceptent une relation par peur d'&#234;tre renvoy&#233;es, punies ou battues si elles s'y opposent. Sont &#233;galement rapport&#233;s des attouchements, des violences verbales et des sc&#232;nes d'exhibitionnisme. L'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONG&lt;/span&gt; invite express&#233;ment les pouvoirs publics &#224; revoir leur politique migratoire et &#224; prot&#233;ger les travailleuses &#233;trang&#232;res dans les entreprises agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sombre bilan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le sexisme est un fl&#233;au mondial qui affecte l'ensemble des soci&#233;t&#233;s. Dans l'agriculture, le non partage des moyens de production a des cons&#233;quences directes sur la s&#233;curit&#233; alimentaire et le bien-&#234;tre des m&#233;nages ruraux. Bien s&#251;r, il faut noter quelques avanc&#233;es&#160;: les filles sont aujourd'hui mieux scolaris&#233;es que leur m&#232;re et davantage dipl&#244;m&#233;es dans les fili&#232;res agricoles. Des initiatives conduites par des associations de femmes pour cr&#233;er leur propre entreprise voient le jour ainsi que des programmes de formation financ&#233;s par des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONG&lt;/span&gt;. Pour autant, il reste beaucoup &#224; faire en mati&#232;re d'&#233;ducation pour &#233;liminer les in&#233;galit&#233;s et pour que les hommes prennent plus activement part aux travaux domestiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Sex equality can explain the unique social structure of hunter-gatherer bands&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, M.&#160;Dyble, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G. D.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; Salali, N. Chaudhary, A. Page, D. Smith, J. Thompson, L. Vinicius,R. Mace, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;A. B.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; Migliano., Science, 15&#160;mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Billet publi&#233; initialement sur visionscarto.net. Si vous souhaitez utiliser cet article ou contacter l'autrice, vous pouvez vous adresser &#224; &lt;a href=&#034;mailto:contact@imagomundi.fr&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;contact@imagomundi.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
