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	<title>imago mundi</title>
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	<description>Bienvenue sur imago mundi.
Cette plateforme est d&#233;di&#233;e &#224; nos usages de l'espace et &#224; ses repr&#233;sentations&#160;: cartographies, arts visuels, reportages, donn&#233;es, analyses... </description>
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		<title>imago&#160;mundi</title>
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		<title>L'impens&#233; sexu&#233; de la ville dans les politiques urbaines</title>
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		<dc:date>2024-08-04T17:23:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chantal Deckmyn</dc:creator>



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&lt;p&gt;La politique de la ville est la politique dont s'est dot&#233;e la France pour parer aux effets de la modernit&#233; sur la ville et sur le lien social, effets de d&#233;sagr&#233;gation et de destruction qui ne se sont r&#233;v&#233;l&#233;s que progressivement &#224; partir des ann&#233;es 1950, et sur lesquels les actions correctives tent&#233;es depuis le milieu des ann&#233;es 1970 semblent avoir peu de prise. La question de l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes en est souvent la pierre angulaire. Pourtant cette approche reste aveugle &#224;&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.imagomundi.fr/rubrique1.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L150xH61/bando-14-be870.jpg?1771553472' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='61' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La politique de la ville est la politique dont s'est dot&#233;e la France pour parer aux effets de la modernit&#233; sur la ville et sur le lien social, effets de d&#233;sagr&#233;gation et de destruction qui ne se sont r&#233;v&#233;l&#233;s que progressivement &#224; partir des ann&#233;es 1950, et sur lesquels les actions correctives tent&#233;es depuis le milieu des ann&#233;es 1970 semblent avoir peu de prise. La question de l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes en est souvent la pierre angulaire. Pourtant cette approche reste aveugle &#224; la r&#233;alit&#233; qu'elle a sous les yeux&#160;: celle d'un urbanisme qui, en l'amputant d&#233;lib&#233;r&#233;ment de son versant f&#233;minin, a enti&#232;rement d&#233;sorganis&#233; la ville et hypoth&#233;qu&#233; les possibilit&#233;s d'une vie sociale civile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce texte est une version l&#233;g&#232;rement remani&#233;e d'un article paru en 2003 dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La politique de la ville et la modernit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;ographe Augustin Berque d&#233;finit ainsi la rapport que la ville et le lien social entretiennent avec la modernit&#233;&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Comment faire pour que la r&#233;alit&#233; de la ville soit anim&#233;e par l'esprit de la cit&#233;, pour qu'aux formes urbaines correspondent un lien social&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cette question, c'est la modernit&#233; qui nous la pose&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et elle la pose parce qu'elle, en tant qu'elle est modernit&#233;, ne peut pas la r&#233;soudre. Elle ne le peut pas, de par l'alternative qui l'a fond&#233;e&#160;: d'un c&#244;t&#233; le monde physique, dur et objectif de la chose en soi, de l'autre le monde ph&#233;nom&#233;nal, qu'impr&#232;gne confus&#233;ment notre subjectivit&#233;. Cette alternative, pr&#233;tendant vider les choses de l'intersubjectivit&#233; humaine, les a effectivement r&#233;duites &#224; une collection d'objets mesurables et manipulables. [&#8230;] Par la d&#233;composition des formes urbaines et par l'ext&#233;nuation du lien social, elle a d&#233;sint&#233;gr&#233; les motifs traditionnels de l'habiter-ensemble. En a-t-elle cr&#233;&#233; de nouveaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La modernit&#233;, par essence ne peut pas le faire. [&#8230;] Par modernit&#233;, j'entends le processus dont le paradigme s'est mis en place au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, dans le complexe cosmologique Bacon - Galil&#233;e - Descartes - Newton&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; processus qui, &#224; partir de ce moment, a commenc&#233; &#224; transformer de plus en plus profond&#233;ment le monde. Le motif capital de ce processus a &#233;t&#233; le d&#233;voilement progressif de la dimension physique, factuelle et objective de la r&#233;alit&#233;. Dans cette dimension-l&#224;, il n'y avait ni dieux ni sentiments&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est donc une dimension essentiellement &#233;trang&#232;re &#224; l'homme, comme Pascal l'avait senti d&#232;s le d&#233;but&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le silence &#233;ternel de ces espaces infinis m'effraie.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; D&#232;s lors &#233;tait enclench&#233; le d&#233;senchantement du monde, processus dont l'aboutissement a &#233;t&#233; formul&#233; par Nietzsche&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Dieu est mort.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; L'illusion du projet moderne a &#233;t&#233; de croire que cette dimension-l&#224; &#233;tait toute la r&#233;alit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et son utopie de pr&#233;tendre y r&#233;duire effectivement toute r&#233;alit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Augustin Berque, Du geste &#224; la cit&#233;. Formes urbaines et lien social au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les politiques sociales et urbaines &#224; partir de 1945 ont &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233;es par la modernit&#233;, elles ont int&#233;gr&#233; ses conceptions, outils et modalit&#233;s d'action&#160;: une approche scientifique, technique et gestionnaire, s'appuyant sur un d&#233;coupage de la r&#233;alit&#233; en zones et en cat&#233;gories. Elle se r&#233;sume dans la quasi-totalit&#233; des contrats de ville &#224; une incantation pour l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes. Or si le concept d'&#233;galit&#233; renvoie &#224; une lutte l&#233;gitime contre les discriminations, est-il ici pertinent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Offre-t-il un outil efficace&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? neutre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? voire contre-productif&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_807 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;944&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/1et2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH323/1et2-a1406.jpg?1771553472' width='500' height='323' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-807 '&gt;&lt;table&gt; &lt;tr&gt; &lt;td style=&#034;width:50%; font-style: italic;&#034;&gt;1. Dans la ville constitu&#233;e, les creux sont la contre-forme des pleins. Ils sont engendr&#233;s par le territoire anthropologique, par son histoire, et ils s'engendrent mutuellement. L'espace public de la rue a une forme que l'on peut reconna&#238;tre, dessiner, et il a un nom. Sa forme est constitu&#233;e par le bord des &#238;lots priv&#233;s. Espaces publics et espaces priv&#233;s partagent une m&#234;me peau : la fa&#231;ade des immeubles. (Saintes)&lt;/td&gt; &lt;td style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;2. La modernit&#233; d&#233;coupe la r&#233;alit&#233; vivante de la ville, la fait &#233;clater en zones fonctionnelles cat&#233;gorielles (commerces, bureaux, logements, pour les riches ou pour les pauvres, etc.), reli&#233;es entre elles par des voies rapides et des ronds-points. La ville constitu&#233;e s'appelle d&#233;sormais &#171; centre historique &#187;, devient elle-m&#234;me une zone r&#233;serv&#233;e au pass&#233; et au tourisme. Dans les zones, quelles qu'elles soient, les &#233;carts des b&#226;timents entre eux et avec la voirie se pr&#233;sentent comme un vide sans forme d&#233;finie. (Aubagne)&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/table&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S&#233;parer le groupe des hommes de celui des femmes, fut-ce par un signe d'&#233;galit&#233; reste une op&#233;ration typiquement moderne, en ce qu'elle offre de la r&#233;alit&#233; vivante une approche qui se donne pour objective et scientifique, ici arithm&#233;tique, s&#233;parant ses objets comme s'ils pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;s et manipul&#233;s en tant que tels. D'une part, &lt;i&gt;in vivo&lt;/i&gt;, un individu, outre qu'il est issu d'une femme et d'un homme, ne peut &#234;tre ni identifi&#233; &#224; un sexe, ni d&#233;fini, discrimin&#233;, par cette seule identification.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_809 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;562&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/3-9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/3-9-b3975.jpg?1771553472' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-809 '&gt;&lt;table&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;3. Dans l'urbanisme de l'apr&#232;s-ville, l'espace dit commun, vert ou ext&#233;rieur, n'a aucune forme que l'on puisse d&#233;finir ni nommer. Ce sont les immeubles-objets qui portent des noms, de surcro&#238;t des noms d'oiseaux, des noms que l'on croirait ironiques, tir&#233;s des manuels scolaires. L'espace commun n'appartient pas &#224; tout le monde comme un espace public, ni &#224; quelqu'un &#8211; qui y serait attach&#233; et en prendrait soin : il n'appartient &#224; personne, &#224; personne de concret. Il est la propri&#233;t&#233; juridique d'une entit&#233; gestionnaire. (Toulouse, zone de logement du Mirail)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, c'est pr&#233;cis&#233;ment d'&#234;tre discrimin&#233;s et manipul&#233;s s&#233;par&#233;ment qui pose probl&#232;me aux destinataires de la politique de la ville. Ce dont souffrent aujourd'hui les pauvres et mal lotis dont elle s'occupe, c'est des conditions de vie en isolats que leur impose la modernit&#233;, conditions de solitude, d'abandon et de peur (on dit &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sentiment d'ins&#233;curit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ) qui viennent aggraver et hypoth&#233;quer leurs situations.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_810 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;529&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/4-6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH659/4-6-cd3b9.jpg?1771553472' width='500' height='659' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-810 '&gt;&lt;table&gt;&lt;tr&gt; &lt;td style=&#034;width:50%; font-style: italic;&#034;&gt;4. Pour s'installer, l'urbanisme de la modernit&#233; en op&#233;rant sa table rase transforme le territoire en terrain &#224; b&#226;tir. S'il le faut, il d&#233;molit la ville et la trame de ses rues pour y installer ses immeubles tels des ovnis atterrissant sur un sol vitrifi&#233;. Ici, un centre commercial et quatre tours en lieu et place d'un quartier de centre-ville. Celui-ci comptait une place et quarante trois rues qui offraient &#224; plus de deux mille citadin-e-s un contenant pour leur vie individuelle, imaginaire et sociale. (Marseille centre)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce qui manque cruellement, dans cet au-del&#224; moderne de la ville o&#249; ils essaient de vivre, sinon d'habiter, ce n'est pas un signe &lt;i&gt;&#233;gal&lt;/i&gt; entre les deux termes d'une &#233;quation, c'est un &lt;i&gt;milieu&lt;/i&gt; normalement fertile, un support vivant de sens, ainsi que la r&#233;f&#233;rence suffisamment commune &#224; un tiers &#8211; support de la dimension symbolique, de l'int&#233;r&#234;t public et de la loi. En effet, seul l'accueil dans un tel milieu permet que se d&#233;veloppent la curiosit&#233;, la connaissance, la parole, la civilit&#233;, le sentiment (malgr&#233; tout rassurant) d'&#234;tre parmi les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fait est que, partout, la modernit&#233; a substitu&#233; la juxtaposition d'objets homog&#232;nes et surexpos&#233;s, &#224; des processus vivants, &#224; des milieux h&#233;t&#233;rog&#232;nes, hi&#233;rarchis&#233;s et complexes, avec et dans lesquels des sujets vivants peuvent &#233;changer. Dans l'espace de la modernit&#233;, c'est la figure m&#234;me de la ville qui est invers&#233;e&#160;: le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tissu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; urbain qui la caract&#233;risait, tissage de pleins et de creux, de formes et de contre formes, d'ombre et de lumi&#232;re, est remplac&#233; par un espace vide sans bords sur lequel sont &#233;rig&#233;s des objets solitaires, des immeubles sans relation au sol ni entre eux. La rue est abolie. Les nouveaux espaces entre les constructions n'ont pas d'identit&#233; propre (ni d'ailleurs de nom), ils se d&#233;duisent du construit. Il n'y a plus de creux mais des vides r&#233;siduels, l'ombre est exclusivement celle port&#233;e par les b&#226;timents.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_811 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;1031&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/5_et_6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH169/5_et_6-a3667.jpg?1771553472' width='500' height='169' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-811 '&gt;&lt;i&gt;5. et 6. Les deux plans sont &#224; la m&#234;me &#233;chelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; gauche la ville constitu&#233;e et son centre-ville. &#192; droite une zone de logement de la commune. L'espace public est en noir, chacune des parcelles est color&#233;e pour la distinguer des autres. (Aubagne)&lt;/i&gt; &lt;table&gt; &lt;tr&gt; &lt;td style=&#034;width: 50%; font-style: italic;&#034;&gt;5. Le plan illustre ce que l'architecte danois Jan Gehl appelle des &#171; villes &#224; &#233;chelle humaine &#187;. Lorsqu'une personne sort de sa parcelle priv&#233;e, elle pose le pied dans un espace public dont la forme entoure et contient une vie anim&#233;e par la diversit&#233; des activit&#233;s et la pr&#233;sence non-pr&#233;visible des autres.&lt;/td&gt; &lt;td style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;6. Dans la zone de logements, l'&#233;chelle des parcelles est d&#233;mesur&#233;e, multipli&#233;e jusqu'&#224; cinq cent fois la pr&#233;c&#233;dente. L'espace public est r&#233;duit &#224; un mince filet de circulation automobile. Sortant de chez soi, son habitant-e entre dans un autre espace priv&#233; o&#249; il ne rencontrera, entre les parkings et les espaces verts, aucune autre &#171; activit&#233; &#187; que le logement et aucun &#233;tranger aux habitants permanents (aux pensionnaires ?) du lieu, qui rentrent chez eux ou en sortent.&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/table&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Or les creux &#8211; espaces publics, interstices, friches &#8211; c'est ce qui permet d'habiter la ville&#160;: ils sont en particulier les lieux du jeu et de la mise en sc&#232;ne sous toutes leurs formes, jeu des enfants, des adolescents, jeu du th&#233;&#226;tre social ordinaire, civil, mise en jeu du d&#233;bat politique (pas de manifestation sans espace public), mises en sc&#232;ne symboliques, c&#233;r&#233;monies. Goffmann, Senett, Gaudin, Kroll, Prigent, Maspero, Milovanoff, Legendre&#160;: nombre de sociologues, d'architectes, de po&#232;tes, de juristes ont insist&#233; sur la n&#233;cessaire pr&#233;sence de l'ombre et de la forme en creux dans la ville, sur la sc&#232;ne tant sociale qu'urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment se d&#233;faire de l'h&#233;ritage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins la modernit&#233; nous a l&#233;gu&#233; cette somme d'objets qui, partout o&#249; elle a r&#233;alis&#233; son utopie, a d&#233;sagr&#233;g&#233; et st&#233;rilis&#233; les lieux, les rendant relativement inhabitables. Et la mission de la politique de la ville est de tenter de rendre ces objets re&#231;us en h&#233;ritage plus vivants, de recr&#233;er avec ou malgr&#233; eux, un monde habitable. Pour cela, il faudrait qu'elle ait les moyens de rompre avec ce syst&#232;me d'isolats, de remettre du liant, d'exhumer et de restaurer les cha&#238;nes de sens fractionn&#233;es, de permettre au vivant de reprendre ses droits&#8230; rompre aussi avec le syst&#232;me de projets qui le plus souvent tend &#224; st&#233;riliser le vivant en le d&#233;coupant selon les conceptions scientifiques, industrielles et fonctionnalistes du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elle se heurte aux apories et aux paradoxes de la modernit&#233;&#160;: combattre celle-ci ne peut se faire avec les armes qui sont pr&#233;cis&#233;ment les siennes&#160;: nier, d&#233;molir puis &#233;riger. Tenter d'&#233;vacuer les effets de la modernit&#233; reviendrait &#224; reconduire ses propres proc&#233;d&#233;s, mais, surtout, revenir &#224; un &#233;tat ant&#233;rieur n'est pas chose possible. Ses effets &#8211; sa pr&#233;sence mat&#233;rielle autour et au centre de nos villes, l'actuelle d&#233;sagr&#233;gation du lien social &#8211; font maintenant partie de la r&#233;alit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_813 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;897&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/10et11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH279/10et11-80d91.jpg?1771553472' width='500' height='279' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-813 '&gt;&lt;table&gt;&lt;tr&gt; &lt;td style=&#034;widt:50%; font-style: italic;&#034;&gt;7. Les rez-de-chauss&#233;e priv&#233;s sont solidement plant&#233;s dans le sol public, cr&#233;ant avec lui une pliure, laquelle est l'espace de la n&#233;gociation entre les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s et publics. &#192; cet endroit la peau des fa&#231;ades travaille particuli&#232;rement son grain et ses ornements, les entr&#233;es sont ourl&#233;es ; les portes, en marquant &#224; la fois une limite &#224; respecter et une hospitalit&#233;, invitent &#224; la civilit&#233;. (Grasse) &lt;/td&gt; &lt;td style=&#034;font-style: italic;&#034; &gt;8. L'urbanisme cr&#233;e une ville sans rez-de-chauss&#233;e : quand le bas des immeubles n'est pas technique, aveugle et muet, inhospitalier, il est souvent hostile. En se fermant herm&#233;tiquement, en s'absentant, et en refusant le dialogue, le rez-de-chauss&#233;e devient paradoxalement le joint fragile des b&#226;timents. Cet &#233;tat de fait entra&#238;ne une obsession s&#233;curitaire et une course &#224; l'armement particuli&#232;rement rentable, inventive (cam&#233;ras, barreaux, piques, etc.)&#8230; et contre-productive. (Marseille)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt; &lt;/table&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet une nouvelle utopie que de penser r&#233;soudre les probl&#232;mes pos&#233;s par cet urbanisme, ses tours, barres, r&#233;sidences et lotissements, en les d&#233;molissant. La d&#233;molition, tout comme ce que l'on a appel&#233; le post-modernisme est un avatar, un pur produit de la modernit&#233;&#160;: il s'agit toujours de traiter de l'objet isol&#233;ment et comme un tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;truire un b&#226;timent, c'est an&#233;antir sans espoir de retour bien plus que l'objet d&#233;truit. C'est d&#233;truire un monde invisible, non seulement celui qui accueillait des pens&#233;es, des souvenirs, un &#233;cosyst&#232;me (venu avec le temps, fait d'usages, d'habitations plus ou moins &#233;ph&#233;m&#232;res), mais surtout c'est d&#233;truire les parois par lesquelles le plein donne forme au vide qui l'entoure, c'est d&#233;truire un univers. Et c'est bien cela que nous avons tant de mal &#224; penser&#160;: notre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;insu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, l'invisible qui accompagne toujours le visible, et qui subit avec lui les effets de nos interventions, effets qui par d&#233;finition nous &#233;chappent le plus souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas de d&#233;molir tours et barres pour qu'elles n'aient pas &#233;t&#233; construites, que leur urbanisme n'ait pas st&#233;rilis&#233; le territoire, n'ait pas effectu&#233; son d&#233;coupage dans le vivant. Une fois le vivant d&#233;coup&#233; il est malgr&#233; tout un peu mort. On ne peut pas faire que ce qui est n'ait pas &#233;t&#233;, on ne peut du pass&#233; faire table rase (devise que les modernistes ont fait la leur), il n'y a pas d'ardoise magique. L'&#233;tat de nos villes, c'est ce &#224; quoi la politique de la ville a &#224; faire. Ce que cet &#233;tat requiert c'est un changement de regard&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce qu'en tout &#233;tat de cause, il ne requiert pas, c'est la n&#233;gation qui signe le m&#233;pris, la substitution qui signe l'amn&#233;sie, l'inversion des manettes ou la d&#233;molition, qui ne sont autres que des d&#233;monstrations de force, des actes de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendre possible aux plus mal lotis d'habiter, et &#224; tous d'habiter ensemble, demande de reconstituer un fond, un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sol qui fonde notre existence au sein du monde ambiant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Berque, op. cit.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ne s'agit pas de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;recoudre le tissu urbain&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de raccorder des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;quartiers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en lan&#231;ant des passerelles par-dessus des voies rapides. Il s'agit de les refonder, et, par l&#224;, de refonder leur coh&#233;sion entre eux, de leur permettre de s'enraciner dans un sol consistant et commun, duquel ne soit pas drain&#233; en permanence le sens, l'histoire et tout ce qui forme lieu, soci&#233;t&#233; humaine. Il convient de restaurer la dimension &#233;thique et symbolique des lieux habit&#233;s, de leur permettre de former un paysage, des paysages (l'inverse de la table rase).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, ce que nous avons &#224; d&#233;finir ce sont des fa&#231;ons de faire et de penser qui se d&#233;marqueraient de celles de la modernit&#233;, qui en interrompraient la r&#233;p&#233;tition, et qui, n&#233;anmoins, seraient compatibles, coh&#233;rentes avec l'&#233;tat actuel de nos villes, de notre lien social et de nos mentalit&#233;s. La question de la diff&#233;rence des sexes est-elle susceptible d'intervenir, et de quelle fa&#231;on, dans cette question qui se pose &#224; la politique de la ville&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La diff&#233;rence des sexes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En effet, que (diable) vient faire ici la diff&#233;rence des sexes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est probablement l'apparente incongruit&#233; de la question qui motive l'actuel silence de la politique de la ville sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence des sexes. Pour examiner une question aussi complexe, pi&#233;g&#233;e, il nous faut revenir &#224; la d&#233;finition la plus indiscutable que nous pourrons &#233;noncer, en de&#231;&#224; de la superposition des imageries, en amont des constructions culturelles et sociales de l'identit&#233; sexuelle. Suivant en cela l'anthropologue Fran&#231;oise H&#233;ritier, le plus pertinent nous para&#238;t le retour &#224; l'&#233;l&#233;mentaire, ici l'anatomie&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence des sexes, butoir ultime de la pens&#233;e&#160;: (&#8230;) c'est l'observation de la diff&#233;rence des sexes qui est au fondement de toute pens&#233;e, aussi bien traditionnelle que scientifique. La r&#233;flexion des hommes, d&#232;s l'&#233;mergence de la pens&#233;e, n'a pu porter que sur ce qui leur &#233;tait donn&#233; &#224; observer de plus proche&#160;: le corps et le milieu dans lequel il &#233;tait plong&#233;. Le corps humain (&#8230;) pr&#233;sente un trait remarquable, et certainement scandaleux, qui est la diff&#233;rence sexu&#233;e et le r&#244;le diff&#233;rent des sexes dans la reproduction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;oise H&#233;ritier, Masculin/F&#233;minin, Odile Jacob, 1996.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; se pr&#233;sente sous deux formes, la masculine et la f&#233;minine, &#224; la fois distinctes et indissociables. C'est l&#224; une r&#233;alit&#233; aussi simple et aussi &#233;nigmatique que ce que l'on appelle la vie ou la nature. Au-del&#224; des caract&#232;res sexuels secondaires variables, il demeure des diff&#233;renciations anatomiques qui, elles, constituent des discriminants invariants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_817 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/weigel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH698/weigel-41cc3.jpg?1771553472' width='500' height='698' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-817 '&gt;&lt;i&gt;9. Hans Weigel l'ancien,&lt;/i&gt; Anatomie de la femme&lt;i&gt;, 1550, gravure sur bois.&lt;/i&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le sexe masculin proprement dit, le p&#233;nis, est un organe ext&#233;rieur qui pr&#233;sente un volume plein, qui poss&#232;de les caract&#233;ristiques de visibilit&#233; d'un objet expos&#233; &#224; la lumi&#232;re, suffisamment isolable pour &#234;tre saisi en tant que tel et repr&#233;sent&#233;. Directement connaissable, sa pr&#233;sence fait fonction de preuve de son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sexe f&#233;minin, le vagin, est un organe int&#233;rieur, un creux entre des parois, un vide d&#233;fini par ses bords. C'est un organe qui ne peut de ce fait &#234;tre isol&#233; comme un objet, sa forme ne peut &#234;tre saisie, ni m&#234;me vue ou repr&#233;sent&#233;e. S'ajoutant &#224; son caract&#232;re de non-objet non saisissable, le fait qu'il se tient dans l'ombre le rend non directement connaissable, &#233;nigmatique, objet de sp&#233;culations. Physiologiquement, ce qui caract&#233;rise aussi le sexe f&#233;minin c'est, non pas l'enfantement, mais la capacit&#233; d'enfanter, de laisser un petit humain grandir &#224; l'int&#233;rieur de la cavit&#233; ut&#233;rine, et de l'aider &#224; na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette courte m&#233;ditation ph&#233;nom&#233;nologique ne nous sert pas &#224; avancer des extrapolations symbolistes, des liens de cause &#224; effet essentialistes, ind&#233;montrables, entre anatomie et psychologie (par nature, les femmes seraient passives et les hommes actifs ou les hommes directs et les femmes &#233;nigmatiques), mais bien, dans une vis&#233;e s&#233;mantique, &#224; essayer de cerner comment nous pouvons entendre et utiliser les qualificatifs masculin et f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit son appartenance sexuelle, chaque individu porte en lui des cellules f&#233;minines et masculines, et d&#233;veloppera dans son histoire des traits masculins et f&#233;minins selon un agencement qui lui sera propre. Identifier les individus femmes avec le versant f&#233;minin de l'humanit&#233;, et les hommes avec le masculin, c'est non seulement op&#233;rer une s&#233;paration et des amalgames purement abstraits, r&#233;ifiants, mais c'est &#233;galement r&#233;duire les individus et les amputer d'une part d'eux-m&#234;mes, les prendre pour ce qu'ils ne sont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, au-del&#224; des individus hommes ou femmes, s'agissant de la dimension collective de la ville, il nous para&#238;t int&#233;ressant d'examiner le r&#244;le et le poids aujourd'hui de ce qui peut &#234;tre qualifi&#233; de f&#233;minin ou de masculin dans l'&#233;laboration sociale et urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La politique de la ville, la modernit&#233; et la diff&#233;rence des sexes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous en tenant &#224; ces qualifications, nous pouvons donc &#224; tout le moins ranger dans le registre masculin ce qui est ext&#233;rieur, ce qui fait objet, ce qui est visible, directement connaissable, saisissable, et qui a une capacit&#233; de projection et d'intervention. De son c&#244;t&#233;, le registre f&#233;minin rassemble ce qui est int&#233;rieur, qui fait un creux, ce qui est impossible &#224; constituer en objet, &#224; saisir, &#224; montrer, ce qui se tient dans l'ombre, ni visible ni directement connaissable, et qui a la capacit&#233; de contenir, d'accueillir. Par ailleurs, tandis que le masculin est familier de l'objet fini, le f&#233;minin, par sa capacit&#233; d'enfantement, est familier de la gestation, en accord avec les lents processus de naissance des &#234;tres vivants, sa disposition n'est pas de produire des objets, mais de se pr&#234;ter &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous avons vu plus haut, c'est que la modernit&#233; se manifeste dans la ville et la vie sociale de fa&#231;on massivement masculine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vise, de plus, &#224; en abolir les versants f&#233;minins. Les formes en creux, comme la rue et l'ensemble des espaces publics, les interstices ou abris, l'ombre, les lieux ind&#233;cidables (les friches), les espaces &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;entre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou reliant, les espaces accueillants, hospitaliers, sont peu &#224; peu &#233;vacu&#233;s au profit des objets immeubles, de ce qui est isol&#233; et qui isole, au profit du visible, du projet, de l'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_814 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;421&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/12et13.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH171/12et13-9ed37.jpg?1771553472' width='500' height='171' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-814 '&gt;&lt;table&gt;&lt;tr&gt; &lt;td style=&#034;width:50%; font-style: italic;&#034;&gt;10. Les ronds-points sont des s&#233;parateurs urbains. Ce sont, &#224; l'oppos&#233; des carrefours, des figures sans bords et centrifuges qui st&#233;rilisent leur contexte, d&#233;molissent activement la ville, ses trames et ses fondements. (Aubagne)&lt;/td&gt; &lt;td style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;11. Les passerelles ne sont pas con&#231;ues pour permettre de construire ni surtout d'incarner des continuit&#233;s, mais pour relier des isolats en maintenant et en enjambant les &#233;carts. (Marseille)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt; &lt;/table&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;coupage de l'espace d&#233;coupe aussi le temps. La temporalit&#233; des modernes est &#233;galement masculine, c'est celle de la fabrication et de la d&#233;molition d'objets. Aux d&#233;pens d'une temporalit&#233; respectueuse des lieux longs &#224; advenir, et laissant germer, accompagnant la naissance de lieux habit&#233;s. Un d&#233;coupage en &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;zones&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; entra&#238;ne la constitution d'espaces &#224; mi-temps, coup&#233;s de la vie durant la nuit (temps de l'invisible), ce qui entra&#238;ne la transformation d'une nuit vivante, habitable, en un temps mort, et donc d'un espace-temps profond, &#233;nigmatique, insolite, en un espace-temps exclu, dangereux. Le temps public lui-m&#234;me, que l'on pourrait qualifier de f&#233;minin dans la mesure o&#249; il se contente de contenir et d'accompagner la vie dans ses rythmes, a &#233;t&#233; d&#233;sagr&#233;g&#233; au m&#234;me titre et en m&#234;me temps que l'espace public. Une fois retir&#233; l'espace-temps public qui fait lien parce que fonds commun entre les individus, chacun est livr&#233; &#224; l'individualisme ou &#224; des collectifs r&#233;pondant aux r&#232;gles et aux d&#233;coupages de l'homog&#233;n&#233;it&#233;, des clans ou des communaut&#233;s. Dans ce contexte, celui qui est diff&#233;rent, autre (y compris l'autre sexe), devient &#233;tranger, ennemi, et c'est la loi du plus fort, loi par d&#233;finition masculine, qui l'emporte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_815 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;400&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/14et15.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH172/14et15-bb324.jpg?1771553472' width='500' height='172' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-815 '&gt;&lt;table&gt;&lt;tr&gt; &lt;td style=&#034;width: 50%; font-style: italic;&#034;&gt;12. L'espace public est le th&#233;&#226;tre de la vie publique jour et nuit (Marseille, rassemblement spontan&#233; le soir de l'attentat contre Charlie). Il n'en va pas de m&#234;me dans les espaces &#224; mi-temps &#8211; de jour ou de nuit &#8211; des zones. &lt;/td&gt; &lt;td style=&#034;width: 50%; font-style: italic;&#034;&gt;13. Dans la ville, certains commerces permettent que la vie continue la nuit, veillent &#224; la tranquillit&#233; publique et rassurent les isol&#233;-e-s et les passant-e-s. (Marseille)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt; &lt;/table&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le vis-&#224;-vis solitaire des immeubles avec le soleil et la nature, les immeubles d&#233;tourn&#233;s les uns des autres (tous orient&#233;s dans le m&#234;me sens comme des tournesols), l'&#233;cart des logements dans le damier des lotissements, ach&#232;vent le travail d'une tendance masculine &#224; laquelle on a laiss&#233; tout le champ, et qui ne s'articule plus sur son contrepoids f&#233;minin pour garantir aux villes leur humanit&#233; ni aux plus fragiles la protection d'une loi qui est tout sauf celle de la nature. R&#233;-&#233;quilibrer le registre f&#233;minin, ce serait redonner sa place &#224; la dimension symbolique, qui nous permet de nous penser et de nous penser dans le monde, laisser leur place &#224; la m&#233;taphysique, au monde int&#233;rieur, et &#224; la parole qui permet de rendre compte des &#233;motions, des sentiments, de ce qui ne se voit pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_808 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;972&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/7_et_8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH159/7_et_8-a9d7a.jpg?1771553472' width='500' height='159' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-808 '&gt;&lt;table&gt;&lt;tr&gt; &lt;td style=&#034;width: 50%; font-style: italic;&#034;&gt;14. Le volume de la rue forme un U avec ses bords et son fond. Sa forme est mise en sc&#232;ne, elle accueille le commerce des uns avec les autres, des inscriptions (nom de rue, enseignes, affiches, indications) et des passant-e-s venus d'ici ou d'ailleurs. Elle permet de jouir du lieu, d'y circuler comme de s'y arr&#234;ter, d'&#234;tre l&#224;. Les fa&#231;ades offrent leur meilleur visage et les fen&#234;tres en vis-&#224;-vis se regardent. Lorsque l'on s'y trouve, on y est soumis aux r&#232;gles de la Loi de la R&#233;publique. Les formes urbaine et sociale s'engendrent mutuellement. (Marseille)&lt;/td&gt; &lt;td style=&#034;width: 50%; font-style: italic;&#034;&gt;15. L'urbanisme ne propose nulle mise en forme ni en sc&#232;ne, les immeubles &#233;vitent soigneusement de se regarder, surexposent de tous c&#244;t&#233;s leurs quatre faces et leurs habitant-e-s. Lorsque les gens sortent de chez eux, ils sont soumis, non &#224; la Loi de la R&#233;publique (qui lib&#232;re notamment des coutumes communautaires, souvent patriarcales), mais au r&#232;glement de bailleurs ou de syndicats. (Toulouse, Le Mirail)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt; &lt;/table&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la rencontre du f&#233;minin et du masculin qu'il nous faut travailler, pas seulement entre les individus hommes et femmes, mais dans toutes les dimensions de la ville. L'enfant qui vit de fa&#231;on quotidienne une structure sociale et spatiale d'o&#249; l'espace public est absent, o&#249; l'espace priv&#233; est surexpos&#233;, o&#249; l'arri&#232;re et l'avant, le propre et le sale, le public et le priv&#233; sont confondus, o&#249; le non-sens est roi, o&#249; tout est marchandise, o&#249; les faibles, les vieux, les malades, les handicap&#233;s ne valent rien, cet enfant (qui est celui de l'espace de la modernit&#233;), quel rapport pourra-t-il avoir au monde, &#224; son corps et &#224; son monde int&#233;rieur, &#224; son propre sexe comme aux individus de l'autre sexe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quel monde aura &#233;t&#233; &#233;labor&#233; pour lui, par quelles dimensions f&#233;minine et masculine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant du rapport des sexes, on pourrait dire qu'il s'agit avant tout du rapport, &#233;thique, psychologique et social, de chaque individu et de chaque groupe &#224; son propre sexe et &#224; l'autre sexe, ainsi que de leur rapport &#224; ce que porte chacun des registres masculin et f&#233;minin. Ce qui est en question, c'est la possibilit&#233; des individus et des groupes d'avoir un rapport au monde, un monde o&#249; ils pourraient habiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne des viols collectifs l'a montr&#233;, la question n'est pas celle de l'in&#233;galit&#233; (femme/homme, victime/agresseur), mais de l'absence d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;monde ambiant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La politique de la ville a en charge l'am&#233;lioration des conditions, disons des plus pauvres qui vivent dans les zones les plus m&#233;chantes du territoire. Lorsque, non sans motif, elle se concentre, parmi ces plus pauvres, sur les femmes, elle s'avance sur un champ o&#249; seuls sont pr&#233;sents, pour les raisons que l'on sait, les mouvements f&#233;ministes et les services de d&#233;fense des droits des femmes. Ce qui signifie qu'un seul p&#244;le magn&#233;tique oriente ce champ de connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas des viols collectifs, l'&#233;vidence am&#232;ne l&#233;gitimement &#224; opposer victime et agresseurs, &#224; tenter de r&#233;parer les droits et les dommages de l'une, et de punir (et &#233;duquer&#8230;) les autres. Mais la politique de la ville ne peut en rester &#224; cette lecture. Dans un deuxi&#232;me temps, il lui faut bien constater que la victime n'est pas seulement celle qu'on voit, et que victimes et agresseurs sont tous victimes, tous plong&#233;-e-s dans la mis&#232;re et le d&#233;sastre du monde d&#233;senchant&#233;, monde de l'objet, de l'&#233;cart, de la non-ville, de la s&#233;paration entre l'esth&#233;tique et l'&#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_816 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;702&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.imagomundi.fr/IMG/jpg/16et17.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.imagomundi.fr/local/cache-vignettes/L500xH179/16et17-9189f.jpg?1771553473' width='500' height='179' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-816 '&gt;&lt;table&gt;&lt;tr&gt; &lt;td style=&#034;width: 50%; font-style: italic;&#034;&gt;16. Aujourd'hui, les zones d'urbanisation et de la p&#233;riph&#233;rie, font partie de la r&#233;alit&#233; historique, de notre territoire anthropologique. Leur d&#233;molition ne fait que reconduire le geste de la table rase. Ces lieux demandent &#224; &#234;tre regard&#233;s avec attention, &#233;cout&#233;s dans leurs questions et leurs propositions singuli&#232;res, rendus habitables par des continuit&#233;s, des vis-&#224;-vis, etc. Retrouver la ville demande d'observer les conditions de sa remise en culture dans son territoire propre, pas de sa production industrielle par de nouveaux projets con&#231;us dans des agences ou services d'urbanisme. (Alen&#231;on, projet &#8211; et r&#233;alisation &#8211; Lucien Kroll). &lt;/td&gt; &lt;td style=&#034;width: 50%; font-style: italic;&#034;&gt;17. Sc&#232;ne du film &#171; Les &#233;ternels &#187; (2018) de Jia Zhang-ke.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt; &lt;/table&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, dans une approche sexu&#233;e des r&#233;alit&#233;s auxquelles elle a &#224; faire, la politique de la ville doit distinguer trois niveaux d'action. Si la lutte contre les discriminations et les in&#233;galit&#233;s reste plus que jamais de mise (mais elle rel&#232;ve du droit commun, sinon de la lutte militante que ne peut organiser aucune administration m&#234;me si elle se veut charitable), l'attention aux diff&#233;rences et au rapport entre les sexes constitue une formulation de ses objectifs certes pr&#233;f&#233;rable &#224; la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;lutte pour l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Enfin, elle a &#224; se centrer sur ce qui rel&#232;ve le plus sp&#233;cifiquement de sa mission&#160;: le r&#233;&#233;quilibrage de la ville entre ce qui rel&#232;ve d'un ordre masculin et ce qui rel&#232;ve d'un ordre f&#233;minin. Elle doit viser &#224; redonner sa place non pas seulement &#224; ce qui forme objet mais &#8211; &#224; &#233;quivalence et de fa&#231;on crois&#233;e &#8211; &#224; ce qui, formant un creux, permet le passage, met en relation, accueille, &#224; ce qui est int&#233;rieur, cach&#233;, non visible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; non pas seulement &#224; ce qui est expos&#233; ou surexpos&#233;, mais &#233;galement &#224; l'ombre, &#224; la nuit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; non pas seulement &#224; la fabrication d'objets mais &#224; l'instauration des conditions qui permettent &#224; des &#234;tres vivants de na&#238;tre et se d&#233;velopper. Enfin, non pas &#224; la loi du plus fort ni aux r&#233;gimes sp&#233;ciaux mais &#224; la Loi qui donne priorit&#233; et protection au plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Augustin Berque, &lt;i&gt;Du geste &#224; la cit&#233;&lt;/i&gt;, Gallimard, 1993.&lt;br class='autobr' /&gt;
Henri Gaudin, &lt;i&gt;Seuils et d'ailleurs&lt;/i&gt;, Demi-Cercle, 1992.&lt;br class='autobr' /&gt;
Erwing Goffmann, &lt;i&gt;La mise en sc&#232;ne de la vie quotidienne&lt;/i&gt;, Minuit, 1973.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;oise H&#233;ritier, &lt;i&gt;Masculin/F&#233;minin&lt;/i&gt;, Odile Jacob, 1996.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Legendre, &lt;i&gt;La fabrique de l'Homme occidental&lt;/i&gt;, Mille et une nuits, 1996.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Maspero, &lt;i&gt;Le passager du Roissy Express&lt;/i&gt;, cit&#233; par Isaac Joseph dans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Prises, r&#233;serves, &#233;preuves&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Communications&lt;/i&gt;, 1997, n&#176;&#160;65.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Pierre Milovanoff, &lt;i&gt;Cent mille nuits d'amour&lt;/i&gt;, Grasset, 1994.&lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Prigent, &lt;i&gt;&#192; quoi bon encore des po&#232;tes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POL&lt;/span&gt;, 1996.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laurence Roulleau-Berger, &lt;i&gt;La ville intervalle&lt;/i&gt;, M&#233;ridiens Klincksieck, 1991&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le travail en friche&lt;/i&gt;, l'Aube, 1999.&lt;br class='autobr' /&gt;
Richard Senett, &lt;i&gt;Les tyrannies de l'intimit&#233;&lt;/i&gt;, Seuil, 1979.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce texte est une version l&#233;g&#232;rement remani&#233;e d'un article paru en 2003 dans &lt;i&gt;Le sociographe&lt;/i&gt; sous le titre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La question de l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes dans la Politique de la Ville&#160;: qu'en penser, que faire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, lui-m&#234;me extrait du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Diagnostic de l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes dans les Contrats de Ville 2000-2006&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; r&#233;alis&#233; &#224; la demande de la D&#233;l&#233;gation Interminist&#233;rielle &#224; la Ville et rendu fin octobre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Augustin Berque, &lt;i&gt;Du geste &#224; la cit&#233;. Formes urbaines et lien social au Japon&lt;/i&gt;, Gallimard, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Berque, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;oise H&#233;ritier, &lt;i&gt;Masculin/F&#233;minin&lt;/i&gt;, Odile Jacob, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image du bandeau&#160;: Marseille. Dans la ville constitu&#233;e, le sol de l'espace public n'est pas une simple surface. Il est une &#233;paisseur vivante, biologique et historique, un socle commun qui porte tout le monde. Il est par d&#233;finition dou&#233; d'urbanit&#233;, il oriente les personnes et organise les relations entre elles, leur indique une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tenue&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il est tout le contraire d'une surface sur laquelle poser des immeubles comme on pose des objets, les surfaces r&#233;siduelles &#233;tant &#224; bitumer ou v&#233;g&#233;taliser. &lt;br class='autobr' /&gt;
Photographies et cartes&#160;: Chantal Deckmyn.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous souhaitez utiliser cet article ou contacter l'autrice, vous pouvez vous adresser &#224; &lt;a href=&#034;mailto:contact@imagomundi.fr&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;contact@imagomundi.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



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