Ressentant le besoin de témoigner de mon parcours personnel, j’ai eu l’idée d’une « trace » géographique de mes différents lieux de vie. Après réflexion sur la forme (j’avais envisagé de graver du bois), j’ai finalement décidé de travailler sur ordinateur : les logiciels pratiqués dans mon passé professionnel de graphiste me permettaient de travailler plus vite et de bénéficier d’effets de superposition et de fondu intéressants.
L’exercice le plus compliqué – mais amusant – fût de positionner les villes en relation les unes avec les autres, en respectant la chronologie et le sens d’écoulement des cours d’eau. J’ai choisi d’intégrer, sans contrainte d’échelle, des cartes de différents types (géologique, hydrographique, État-major...) pour la richesse visuelle, et j’ai dû parfois faire quelques « ajustements » mineurs pour rabouter les cours d’eau entre eux.
Le chemin parcouru, plus ou moins effacé dans la brume de ma mémoire, réapparaît comme par magie, enraciné dans la diversité des territoires et animé par un « flux conducteur » qui – le hasard faisant bien les choses – m’a menée de la source à l’Océan.


